Décharge sur Yahvé ton fardeau et lui te subviendra, il ne peut laisser à jamais chanceler le juste. Ps 55.23

Bible de Jérusalem ++

Attention_ Il s'agit d'un livre apocryphe, ce sont des textes que l'Église catholique n'a pas retenus dans son canon. Ce sont des œuvres dont on ne peut assurer l'origine, ou attribuées à une personne dont on sait qu'il est impossible qu'elle les ait écrites elle-même (les Églises issues de la Réforme les nomment pseudépigraphes). Celui-ci est également issu du gnosticisme, un courant de penser et une des premières sectes chrétiennes.
  • 1.1
    Un Hébreu fait des Hébreux et on appelle les gens de cette espèce « prosélytes » ; mais un prosélyte ne fait pas de prosélytes.
  • 1.2
    Or certains sont comme ils sont depuis le début et ils en font d’autres, mais eux ils leur suffit seulement de naître.
  • 1.3
    L’esclave cherche seulement à devenir libre, mais il ne convoite pas la fortune de son maître. Non seulement le fils est‑il fils, mais il entre en possession de l’héritage du père.
  • 1.4
    Les héritiers des morts sont eux‑mêmes morts et c’est des morts qu’ils héritent.
  • 1.5
    Les héritiers du vivant sont eux‑mêmes vivants et ils héritent du vivant et des morts. Les morts n’héritent de personne.
  • 1.6
    Comment en effet celui qui est mort pourrait‑il hériter ? Le mort, s’il héritait du vivant, ne mourrait pas, mais c’est bien davantage qu’il vivrait, le mort.
  • 1.7
    Un gentil ne meurt pas, car il n’a jamais vécu pour pouvoir mourir.
  • 1.8
    Celui qui a cru en la vérité a vécu, et lui, il court le danger de mourir, car il vit.
  • 1.9
    Depuis que le Christ est venu, le monde est créé, on embellit les cités, on enlève ce qui est mort.
  • 1.10
    Aux jours où nous étions Hébreux, nous étions orphelins ; nous n’avions que notre mère. Mais lorsque nous devînmes chrétiens, nous eûmes père et mère.
  • 1.11
    Ceux qui sèment en hiver récoltent en été. L’hiver, c’est le monde, l’été, c’est l’autre éon. Semons dans le monde afin de récolter en été ! C’est pourquoi il ne convient pas que nous priions en hiver.
  • 1.12
    Ce qui est issu de l’hiver, c’est l’été. Si quelqu’un récolte en hiver, il ne récoltera pas, mais il arrachera.
  • 1.13
    Parce que celui qui est de cette espèce ne peut pas porter fruit, non seulement lorsqu’il sert […], mais aussi pendant le Sabbat ; […] ne donne pas de fruit.
  • 1.14
    Le Christ est venu, pour acheter les uns, pour sauver les autres, d’autres encore pour les racheter. Ceux qui sont étrangers, il les a achetés et les a faits siens et il a mis a part les siens qu’il a volontairement déposés en gage.
  • 1.15
    Ce n’est pas seulement lorsqu’il est apparu qu’il a mis son âme en gage quand il le voulut, mais c’est depuis que le monde existe qu’il a mis son âme en dépôt.
  • 1.16
    Au moment où il le voulut, il se présenta pour la reprendre puisqu’elle avait été déposée en gage. Elle était parmi les brigands et ils la gardaient prisonnière, mais il la sauva. Et il racheta les bons dans le monde et les méchants aussi.
  • 1.17
    La lumière et les ténèbres, la vie et la mort, ceux de la droite et ceux de la gauche sont frères les uns des autres. Il est impossible de les séparer les uns des autres.
  • 1.18
    Voilà pourquoi ni les bons ne sont bons, ni les méchants ne sont méchants, ni la vie n’est vie, ni la mort, mort. C’est pourquoi chacun se dissoudra en son principe initial. Mais ceux qui sont supérieurs au monde ne sont pas soumis à la corruption, éternels.
  • 1.19
    Les noms que l’on donne aux réalités de ce monde contiennent une grave erreur car ils détournent leur esprit de ce qui est stable vers ce qui est instable.
  • 1.20
    Et celui qui entend « dieu », ce n’est pas ce qui est stable qu’il conçoit, mais c’est ce qui est instable qu’il conçoit.
  • 1.21
    Il en va de même pour les mots « père », « fils » et « esprit saint », « vie » et « lumière », « résurrection » et « église », et tout le reste :
  • 1.22
    ce n’est pas ce qui est stable que l’on conçoit, mais c’est ce qui est instable que l’on conçoit, à moins qu’on n’ait été instruit de ce qui est stable.
  • 1.23
    Les noms que l’on entend appartiennent au monde. Qu’on ne s’y trompe pas.
  • 1.24
    S’ils appartenaient à l’éon, ils ne serviraient jamais à nommer dans le monde et on ne les aurait pas placés parmi les réalités de ce monde. Ils ont leur limite dans l’éon.
  • 1.25
    Un seul Nom n’est pas proclamé dans le monde, le Nom que le Père a donné au Fils ; il est au‑dessus de toute chose, c’est le Nom du Père. Car le Fils ne saurait devenir le Père à moins qu’il n’ait revêtu le Nom du Père.
  • 1.26
    Ce Nom, ceux qui le possèdent le comprennent, certes, mais ils ne le prononcent pas. Quant à ceux qui ne le possèdent pas, ils ne le comprennent pas.
  • 1.27
    Mais la vérité a engendré des noms dans le monde à cause de nous qui ne pouvons nous instruire à son sujet sans les noms.
  • 1.28
    Unique est la vérité ; elle est aussi multiple à cause de nous. S’instruire à propos de cet unique est à peine possible à travers le multiple.
  • 1.29
    Les archontes voulurent tromper l’humanité dès qu’ils virent qu’elle était apparentée à ce qui est véritablement bon.
  • 1.30
    Ils prirent le nom de ce qui est bon et l’attribuèrent à ce qui n’est pas bon afin de la tromper par le truchement des noms et de les attacher à ce qui n’est pas bon, et par la suite, quelle faveur ils leur font !
  • 1.31
    afin de les détacher de ce qui n’est pas bon et de les placer parmi ce qui est bon à leurs yeux. Car en réalité ils voulaient prendre quiconque était libre et se l’attacher comme esclave à jamais.
  • 1.32
    Il y a des puissances qui sont utiles à l’homme sans aller jusqu’à vouloir qu’il soit sauvé dans le but de subsister. En effet, si l’homme était sauvé, il n’y aurait plus de sacrifices […] et on offrait des animaux aux puissances.
  • 1.33
    Car c’était des animaux qu’on leur offrait. On les offrait vivants, mais lorsqu’on les offrait, ils mouraient. Quant à l’homme, il fut offert à Dieu mort, et il vécut.
  • 1.34
    Avant que le Christ ne vînt, il n’y avait pas de pain dans le monde. C’est comme le paradis, le lieu où se trouvait Adam :
  • 1.35
    il contenait de nombreux arbres en guise de nourriture pour les animaux, mais il ne contenait pas de blé en guise de nourriture pour l’homme.
  • 1.36
    L’homme se nourrissait comme un animal. Mais lorsque vint le Christ, l’Homme parfait, il apporta le pain du ciel afin que l’homme se nourrisse de la nourriture de l’homme.
  • 1.37
    Les archontes croyaient que c’était par leur propre pouvoir et leur propre volonté qu’ils faisaient ce qu’ils faisaient. Mais l’Esprit Saint, en secret, accomplissait tout à travers eux, comme il voulait.
  • 1.38
    La vérité est semée en tout lieu, qui existe depuis le commencement. Et il y en a beaucoup qui la voient semée, mais peu nombreux sont ceux qui la voient récoltée.

 


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